ALBERT MOCKEL (Né en 1866) LE DOUX VISAGE Doux visage, où les pleurs s'unissent au sourire Un or fervent, un or mobile que les fées Parfilent de leurs frêles mains pour ta parure, Déroule de ton front la chute négligée Des boucles, des suaves boucles qui s'étirent. Lève tes yeux sous les longs cils purs, Azur vivant et mer aux vagues léthéennes. Tout le ciel en ces eaux méditerranéennes Mêle un songe où la nuit épuise ses étoiles; Et la voûte immortelle où midi se consume Dénude ses clartés en leur flot virginal. Oh! dis, n'est-ce le vol intangible d'une aile Mirée au vague sous la fugitive écume Qu'elle touche du bout d'une plume irréelle... Est-ce la courbe, en la brise alizée, Que fait la toile errante et blanche des voiliers, Ou seraient-ce les jeux légers de ta pensée Qui, sur cette onde où l'aube est idéalisée, Sèment l'argent mobile à la nue allié Et la candide transparence des glaciers?...














